De retour au premier plan après une année 2010 jonchée par les pépins de santé, Sun Céravin renoue avec le succès dans le temple du Trot, à l'occasion du Prix Henri Levesque, seize mois après son sacre dans le Critérium des 3 Ans.
Et si les chevaux de grande classe, comme les sportifs de très haut niveau, savaient se sublimer, revenir plus fort après avoir été mis sur la touche ? À cette question, Vincent Renault, l'entraîneur de Sun Ceravin , répond sans retenue : “Oui, j'en suis persuadé. Il faut du temps, savoir s'armer de patience, mais on peut y arriver. La preuve…” Arborant un large sourire de circonstance après le retour victorieux, samedi à Vincennes, de son champion, dans le Prix Henri Levesque (groupe II), il revient sur les déboires qu'à connu le fils de Mon Premier Céhère l'an dernier...
Les semaines se suivent et se ressemblent pour l'élève de Franck Leblanc, qui a encore une fois créé la sensation à Vincennes, cette fois-ci à l'occasion du Prix de Chateau-Gaillard.
Autant mettre cartes sur table. Histoire de ne pas faire dans le blabla. Voir Rouge Vif s'imposer une semaine après sa démonstration dans un quinté sur les 2.100 mètres de la grande piste (qu'il avait couvert dans l'excellente réduction kilométrique de 1'10” 6) paraissait évident. Comme le nez au milieu de la figure. Sauf qu'Yves Dreux, l'heureux pilote du fils de Giant Cat, se méfiait. Expérimenté, le Mayennais craignait que son partenaire, qui courait à seulement huit jours d'intervalle, se ressente de ses précédents efforts. Il se savait grandissime favori (5/10) et, histoire d'évacuer pression, mieux vaut rester prudent. Oui mais voilà. Là où l'homme s'interroge, le cheval en impose. Quoi ? Du respect, simplement. “Lui, il vous donne toutes les réponses…” répond en souriant Yves Dreux en regagnant les vestiaires après la nouvelle victoire éclatante d'un Rouge Vif, presque écarlate, qui a bouclé cette fois les 2.700 mètres de la grande piste en 1'12” 8. La manière, le style, qui n'est pas sans rappeler un certain Rapide Lebel, est évidemment impressionnant. “On se sent vraiment en sécurité au sulky d'un cheval comme ça, ajoute-t-il. Sa force ? “La plaine, où il est capable de trotter sur le pied de 1'07…” Son point fort ? “Son moteur, sa dureté. Il ne lâche rien.” De retour au premier plan après avoir connu des ennuis de santé, le hongre de Franck Leblanc ne devrait désormais avoir aucun mal à monter de catégorie. Il se pourrait même d'ailleurs que son entourage tente le coup dans le prochain Prix Kerjacques (groupe III), prévu le 6 mai.